Maladie de Pompe : une myopathie rare de la famille des maladies lysosomales

On les appelle les maladies rares. Pourquoi rares ? Parce que chacune d’entre elles touche moins d’une personne sur 2 000. Mais collectivement, avec 7 000 pathologies répertoriées, ce sont près de 3 millions de Français qui en sont affectés1. Parmi eux, 3 000 personnes environ sont atteintes par des maladies de surcharge lysosomale2, incluant certaines myopathies, comme la maladie de Pompe. Le point sur les symptômes, les formes, les évolutions et le diagnostic.
Quand les lysosomes fonctionnent moins bien²
Les maladies lysosomales, ou maladies de surcharge lysosomale, regroupent une soixantaine d’affections génétiques, chez l’enfant comme chez l’adulte. Elles ont en commun une dysfonction des lysosomes. Comme des usines de transformation3, ces minuscules éléments se chargent de dégrader et de recycler les « déchets » produits par l’organisme. Pour ce faire, ils utilisent des enzymes spécifiques. Lorsque l’une d’elles manque ou fonctionne mal, les déchets ne sont plus éliminés. Ils s’accumulent dans les cellules, perturbant l’activité de divers organes, comme le cœur, les poumons, le foie, le cerveau, ou les muscles, en fonction des pathologies. C’est précisément cette surcharge qui donne son nom à ces maladies.
Chaque maladie lysosomale implique un gène différent et concerne une enzyme particulière4. Lorsque les muscles sont touchés, on parle de myopathie, caractérisée par une faiblesse musculaire progressive. Les muscles respiratoires et cardiaques peuvent être atteints, ce qui explique la gravité potentielle de ces maladies.
Les spécificités de la maladie de Pompe : formes et évolutions⁵
La maladie de Pompe est l’une de ces maladies de surcharge lysosomale. En France, un peu plus de 200 personnes en souffrent6, soit un cas pour 40 0005. Elle est causée par une mutation génétique responsable d’un déficit en alpha-glucosidase acide, une enzyme chargée de dégrader le glycogène, cette molécule qui stocke le sucre que nous consommons. Sans cette enzyme, le glycogène s’accumule dans les lysosomes des cellules musculaires, conduisant à un affaiblissement progressif des muscles.
On distingue deux formes principales de la maladie7 :
- la forme infantile, la plus grave, se manifeste dès les premiers mois de vie par une diminution importante de la tonicité musculaire (hypotonie), une atteinte cardiaque avec un épaississement anormal du muscle du cœur (cardiomyopathie hypertrophique) et des troubles respiratoires sévères5. Sans traitement, l’enfant risque de décéder avant l’âge de 2 ans.
- la forme tardive, qui comprend les formes juvénile et adulte, débute plus tard, dans les premières années de vie ou après l’âge de 20 ans. Les malades voient leur force musculaire diminuer et une insuffisance respiratoire s’installer. Ils peuvent présenter des difficultés à marcher jusqu’à nécessiter le recours à un fauteuil roulant.
Cette forme tardive présente une grande hétérogénéité clinique. Le syndrome myopathique peut ressembler à de nombreuses autres maladies neuromusculaires, ce qui rend le diagnostic difficile à établir, en particulier au début de la maladie. La maladie de Pompe devrait pourtant être envisagée devant toute atteinte progressive des muscles des ceintures – épaules et bassin -, avec ou sans symptôme respiratoire.
L’errance diagnostique, une perte de chance⁸
En France, le délai moyen pour diagnostiquer une maladie rare est de deux à trois ans. Mais 25 % des patients attendent au moins cinq ans, parfois jusqu’à 15 ans9. Un quart consultent au moins cinq médecins avant de mettre un nom sur leurs symptômes10.
Ce temps perdu a des conséquences. Plus la prise en charge débute tardivement, plus la maladie risque de s’aggraver et plus la qualité de vie peut se dégrader.
Pour réduire cette errance, de nouveaux outils font leur entrée dans l’arsenal thérapeutique. Depuis février 2024, le système d’intelligence artificielle accelRare© est mis gratuitement à la disposition des professionnels de santé. Cet outil aide à orienter rapidement le diagnostic1 s’il y a suspicion de maladie rare, afin d’adresser plus tôt les patients vers un centre expert.
Pour les formes infantiles, l’enjeu est encore plus critique. Chaque jour compte. C’est pourquoi une évaluation du dépistage néonatal de la maladie de Pompe et d’autres maladies lysosomales est en cours. Repérer la maladie chez les nouveau-nés avant même l’apparition des premiers signes cliniques permet d’agir plus rapidement et d’éviter une perte de chance11.
Références
- Les maladies rares, Santé.gouv.fr – dernière consultation : février 2026
- Les maladies lysosomales, Association Vaincre les maladies lysosomales – dernière consultation : février 2026
- Maladies lysosomales - Traité de Médecine - dernière consultation : février 2026
- Les maladies lysosomales | Infos handicaps, APF France Handicap – dernière consultation : février 2026
- Protocole National de Diagnostic et de Soins – Maladie de Pompe, Haute Autorité de Santé – dernière consultation : février 2026
- Medical expenses and care pathways of patients with Pompe receiving myozyme: an observational study based on the French national healthcare database, Orphanet Journal of Rare Diseases - dernière consultation : février 2026
- Maladie de Pompe, Orphanet – dernière consultation : février 2026
- Plan national des maladies rares 2025-2030, Santé.gouv.fr – dernière consultation : février 2026
- Lancement d’accelRare®, une intelligence artificielle « Made in France » pour accélérer le pré-diagnostic des patients atteints de maladie rare - Sanofi.fr – dernière consultation : février 2026
- Plan national des maladies rares 2018-2022, Ministère des Solidarités et de la Santé – dernière consultation : février 2026
- Dépistage néonatal de cinq maladies lysosomales et peroxysomales, Haute Autorité de Santé – dernière consultation : février 2026