Pendant les saisons froides ou humides, les infections respiratoires sont fréquentes chez les jeunes enfants. A l’origine de certaines de ces infections ? Le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) qui peut conduire à une bronchiolite, l’une des 1ères causes d'hospitalisation hivernale chez le nourrisson1.

La bronchiolite à VRS : de quoi s’agit-il ?

La majorité des cas de bronchiolite (50 à 80%) est causée par le virus respiratoire syncytial (VRS) chez les nourrissons de moins d’1 an1 . Cette infection respiratoire touche particulièrement les jeunes enfants2 .

Le VRS est un virus répandu circulant principalement pendant la saison hivernale, entre octobre et mars. Comme la grippe ou le coronavirus SARS-CoV-2, le VRS est très contagieux et se transmet par la toux et les éternuements de personnes infectées. Le virus peut également survivre sur les surfaces pendant plusieurs heures (jouets, mouchoir, tétines, mobilier, téléphone, …) ou être transmis par les mains.

De nombreux bébés ayant contracté le VRS n’ont que des symptômes légers, souvent similaires à ceux d’un rhume. Mais, dans certains cas, le VRS peut s'attaquer aux poumons des nourrissons, les exposant au risque d'infections potentiellement graves des voies respiratoires inférieures, engendrant des difficultés respiratoires. C’est ce que l’on appelle la bronchiolite à VRS

L’impact majeur de la bronchiolite sur les services de soins

Avec environ 35 000 hospitalisations chaque hiver en France, la bronchiolite à VRS est l’une des premières causes d’hospitalisation des nourrissons de moins d’1 an durant la saison hivernale1 .

En France, le pic d’infections de bronchiolite survient entre novembre et décembre1 . Pendant cette période épidémique, on observe un surcroît de consultations en médecine de ville, un afflux aux urgences pédiatriques et la saturation des services d’hospitalisation et de réanimation pédiatriques4 . Ainsi, tous les ans, des hôpitaux sont confrontés au manque de lits pour hospitaliser les enfants qui nécessitent oxygène et soins de support ventilatoire et nutritionnel. De jeunes patients doivent ainsi être transférés, parfois à distance de leur domicile4 .

Quels sont les symptômes de la bronchiolite ?

Les premiers symptômes d’une infection par le VRS se rapprochent de ceux du rhume : écoulement nasal, toux, légère fièvre. Lorsque l’infection prend une forme plus sévère, une toux sèche apparaît et la respiration devient rapide et sifflante3 .

Chez les enfants de plus de 2 ans et les adultes, les symptômes sont généralement bénins et le virus disparait le plus souvent spontanément au bout d'une à deux semaines. Mais les très jeunes enfants de moins d’un an, dont le système respiratoire est encore immature, peuvent développer une forme plus grave de bronchiolite.

  1. Consultez votre médecin en cas d’apparition d’une gêne respiratoire, d’une respiration plus rapide que d’habitude, d’une fièvre élevée ou mal tolérée et d’une perte d’appétit.
  2. Rendez-vous aux urgences ou contactez le Samu en cas de respiration rapide, sifflante, narines écartées et/ou poitrine qui s’affaisse quand l’enfant essaie de respirer, d’une toux profonde, d’un refus de s’alimenter, de malaises, de lèvres ou bouts des doigts bleutés2 .

Presque tous les enfants de moins de deux ans sont exposés au virus respiratoire syncytial

Si le virus respiratoire syncytial peut être à l’origine d’infection respiratoire fréquente, il reste difficile de prédire quels nourrissons développeront une forme grave nécessitant des soins médicaux5,6. En France, 87% des enfants hospitalisés pour une bronchiolite à VRS sont nés à terme et en bonne santé1,7,5. Le VRS constitue donc un risque potentiel pour tous les enfants dans leurs premières années de vie. Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement curatif contre le VRS et les parents ne peuvent donc qu’attendre que leur enfant vainque la maladie avec du temps et des soins adaptés. Seuls les gestes barrières peuvent diminuer la transmission du virus.

Comment protéger son enfant de la bronchiolite à VRS ?

En l’absence d’option préventive pour tous les nourrissons, il est recommandé, en complément des gestes barrières, de désinfecter régulièrement les surfaces et les jouets et d’éviter le contact avec des personnes et des enfants malades. Il faut éviter le partage de biberons, de tétines, de couverts non lavés, même au sein de la famille1,2 .

Dès les premiers signes d’infection, il n’est pas nécessaire de s’inquiéter si le bébé ne modifie pas son comportement habituel, mange, boit, dort et joue normalement. En revanche, il est important de le surveiller attentivement (surtout les 2 à 3 premiers jours) et de réaliser un lavage de nez du nourrisson répété plusieurs fois par jour.

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Références

  1. Meissner et al. N Engl J Med 2016; 374:62-72 DOI: 10.1056/NEJMra1413456
  2. Ministère de la Santé et de la Prévention : La bronchiolite - Dernière consultation novembre: 2022
  3. Assurance Maladie : reconnaître une bronchiolite - Dernière consultation janvier 2022
  4. « Bronchiolite à VRS : l’épidémie annuelle revisitée par le Covid-19 » – interview du Pr François Dubos (urgences pédiatriques et maladies infectieuses, hôpital Salengro, CHU de Lille), Médecine & Enfance - Nov-Dec 2021
  5. Arriola CS, Kim L, Langley G, Anderson EJ, Openo K, Martin AM, et al. Estimated Burden of Community-Onset Respiratory Syncytial Virus-Associated Hospitalizations Among Children Aged < 2 Years in the United States, 2014-15. J Pediatric Infect Dis Soc. 2020 Nov 10;9(5) : 587-595.
  6. Bianchini, S.; Silvestri, E.; Argentiero, A.; Fainardi, V.; Pisi, G.; Esposito, S. Role of Respiratory Syncytial Virus in Pediatric Pneumonia . Microorganisms 2020, 8, 2048 –Dernière consultation : novembre 2022
  7. Rha B, Curns AT, Lively JY, Campbell AP, Englund JA, Boom JA, et al. Respiratory Syncytial Virus-Associated Hospitalizations Among Young Children: 2015-2016. Pediatrics. 2020;146(1) Date de publication : Février 2022


Date de publication : Décembre 2022