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Existe-t-il un âge à risque pour la sclérose en plaques ?

Publié le: 4 février 2026
Céline portant sa planche de surf
Céline est atteinte d’une sclérose en plaques

On l’associe souvent aux trentenaires, mais la sclérose en plaques (SEP) ne connaît pas vraiment de limites d’âge. Cette maladie neurologique peut frapper à différents moments de la vie, selon sa forme. Une réalité complexe, qui brouille parfois le diagnostic.

La sclérose en plaques, une maladie imprévisible

La sclérose en plaques doit son appellation aux lésions caractéristiques en forme de plaques qu’elle provoque et qui sont visibles à l’IRM dans le cerveau et la moelle épinière1. Cette maladie chronique du système nerveux central survient lorsque le système immunitaire s’attaque à la myéline, cette gaine de protection des fibres nerveuses.

La sclérose en plaques est tout sauf uniforme. Son âge d’apparition, son rythme d’évolution et ses manifestations varient d’un patient à l’autre. Si la fourchette d’âge la plus fréquente se situe entre 20 et 40 ans2, la réalité est plus nuancée. Elle peut débuter plus tôt, dès l’adolescence, ou bien se déclarer après 50 ans, voire 60 ans. Car il n’existe pas une sclérose en plaques, mais plusieurs formes qui apparaissent à des moments différents de la vie.

Autour de 30 ans : la sclérose en plaques rémittente récurrente

85 % environ des patients développent une sclérose en plaques rémittente récurrente1. Cette forme se manifeste par des poussées – des épisodes où les symptômes s’aggravent brutalement -, suivies de phases de rémission plus ou moins complète où ils disparaissent totalement ou partiellement1.

L’âge typique d’apparition se situe généralement autour de 30 et 35 ans. À cet âge, la sclérose en plaques représente d’ailleurs la première cause de handicap chez l’adulte jeune, juste après les accidents de la route2. Néanmoins, des études récentes montrent que cet âge tend progressivement à augmenter ces dernières décennies2.

Mais attention aux idées reçues. Des cas rares peuvent être précoces et survenir dès l’adolescence, ou tardifs et apparaître après 60 ans. La maladie ne respecte pas toujours les statistiques et il est possible de déclarer une sclérose en plaques rémittente après 50 ans et au-delà.  

Vers 40 ans : la forme primaire progressive de la maladie

À un âge plus avancé, vers 40 ou 50 ans3, il s’agit plus souvent d’une sclérose en plaque primaire progressive, qui concerne 10 à 15 % des patients4. Cette forme se distingue par une aggravation continue des symptômes, dès le début de la SEP, sans poussée nette. Le rythme de progression de la maladie varie d’un patient à l’autre, mais l’évolution est constante, sans phase de rémission.

Quand la sclérose en plaques apparaît après 50 ans, il s’agit principalement de formes rémittentes-récurrentes, comme cela a été évoqué, mais dans un quart des cas, ce peut être une forme progressive qui se manifeste5.

Une transition difficile à identifier pour la forme secondaire progressive

Une troisième forme brouille un peu plus le tableau de la maladie. La sclérose en plaques secondaire progressive correspond à l’évolution de la forme rémittente-récurrente chez un patient sur deux environ, généralement 15 à 20 ans après les premiers symptômes6. Les poussées s’espacent jusqu’à disparaître, tandis que le handicap progresse en silence et s’installe. Il n’y a pas d’événement précis qui marque le basculement, ce qui rend difficile l’identification du moment où la phase progressive s’établit7. Cette transition de la SEP rémittente-récurrente à la SEP secondaire progressive survient le plus souvent entre 40 et 60 ans, mais avec une importante variabilité individuelle, ce qui peut retarder une prise en charge adaptée.

L’importance du diagnostic précoce

Le diagnostic de la sclérose en plaques secondaire progressive est souvent rétrospectif et tardif. Différentes raisons expliquent ces retards. Les signes d’aggravation peuvent être discrets, subtils, variables d’un jour à l’autre, et l’annonce de l’évolution de la maladie suscite des craintes légitimes8. Pourtant des changements apparemment mineurs - manque d’énergie dans les activités habituelles, difficultés à trouver ses mots, troubles de l’équilibre… - peuvent être révélateurs et nécessitent une attention particulière9. Un suivi régulier devient donc indispensable dès l’apparition de symptômes neurologiques inexpliqués, quel que soit l’âge.

Mieux comprendre la maladie pour mieux agir à tous les âges

Le diagnostic précoce est d’autant plus important que la compréhension de la maladie, et notamment de ses formes progressives, avance à grands pas. La recherche a récemment démontré que le système immunitaire et le système nerveux central interagissent dès le début de la maladie. Un processus inflammatoire persistant dans le cerveau jouerait un rôle clé dans la progression du handicap, même en l’absence de signes visibles10.

Cette avancée majeure ouvre des perspectives concrètes pour développer de nouveaux traitements et améliorer la qualité de vie des patients. Elle souligne aussi toute l’importance d’un suivi attentif à chaque étape de la vie avec la sclérose en plaques, indépendamment de l’âge où elle se manifeste.

Références

  1. Sclérose en plaques, Inserm – dernière consultation : février 2026
  2. The age at onset of relapsing-remitting multiple sclerosis has increased over the last five decades, PubMed – dernière consultation : février 2026
  3. Primary progressive MS, MS Trust – dernière consultation : février 2026
  4. Primary Progressive Multiple Sclerosis, Johns Hopkins Medicine – dernière consultation : février 2026
  5. Formes de la sclérose en plaques : rémittente, progressive et évolutions, Fondation Charcot Stichting – dernière consultation : février 2026
  6. Scalfari A, Neuhaus A, Daumer M, Muraro PA, Ebers GC. Onset of secondary progressive phase and long-term evolution of multiple sclerosis. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 1 janv 2014;85(1):67‑75.)
  7. Sclérose en plaques secondairement progressive : les temps changent, Edimark.fr – dernière consultation : février 2026
  8. A focus on secondary progressive multiple sclerosis (SPMS): challenges in diagnosis and definition, Journal of Neurology (2021) 268:1210–1221 – dernière consultation : février 2026
  9. International Consensus on Smoldering Disease in Multiple Sclerosis using the Delphi Method (P11-3.013) | Neurology
  10. Immune System Dysregulation in the Progression of Multiple Sclerosis: Molecular Insights and Therapeutic Implications, PubMed – dernière consultation : février 2026