Allan Rodriguez explique comment VitaDx allie fluorescence et intelligence artificielle contre le cancer de la vessie

La startup VitaDx veut détecter précocement le cancer de la vessie pour le traiter plus efficacement

En décembre 2018, VitaDx était primée dans la catégorie e-santé, lors de la 17e édition des Grands Prix de l’Innovation, dont Sanofi est l’un des partenaires. Une reconnaissance bienvenue pour cette startup fondée en 2015 avec l’objectif d’améliorer le diagnostic précoce du cancer de la vessie. Entretien avec son directeur général, Allan Rodriguez.

Pourquoi avoir choisi de concentrer vos efforts sur le cancer de la vessie ?

Allan Rodriguez. - 13 000 nouveaux cas sont dénombrés chaque année en France. Il s’agit du 4e cancer le plus fréquent chez l’homme et du 12e chez la femme (InVS, 2017). Aujourd’hui, aucune méthode non invasive n’est suffisamment performante pour détecter précocement ce cancer. Or, le taux de survie est directement corrélé au stade de prise en charge de la maladie.

En 2012, Marie-Pierre Fontaine-Aupart, chercheuse à l'Institut des Sciences Moléculaires d’Orsay (ISMO), et Pascal Eschwège, urologue à l'époque au CHU du Kremlin-Bicêtre, ont breveté une technique d’observation en fluorescence des cellules de la paroi de la vessie. La startup VitaDx s’est créée dans le cadre de ce transfert de technologie, pour réunir les fonds et les compétences nécessaires à la valorisation de cette découverte, grâce aux algorithmes de traitement de l’image et au machine learning.

Justement, comment exploitez-vous cette découverte pour industrialiser le diagnostic ?

A.R. - L’observation au microscope de la morphologie des cellules qui surnagent dans un échantillon d’urine permet de détecter 80 % des cancers avancés. Et pour cause : les cellules urothéliales sont déjà nombreuses à avoir subi des modifications aisément observables. A l’inverse, dans le cas d’un cancer précoce, la forme de la cellule est très peu modifiée et le cancer ne se voit pas.

La découverte sur laquelle nous nous appuyons a révélé que l’observation en lumière de fluorescence permet d’analyser non plus seulement la forme des cellules, mais aussi leur physiologie et leur métabolisme. Et de détecter prématurément d’éventuelles anomalies. Seulement, pour identifier quelques cellules malades parmi plusieurs milliers, l’automatisation est nécessaire. C’est là qu’entre en jeu notre algorithme. Il permet de systématiser la détection, en passant au crible chaque cellule.

Allan Rodriguez, Directeur général de VitaDx

Où en êtes-vous, aujourd’hui ?

A.R. - Un essai clinique est en cours, impliquant 1 400 patients. Nous espérons recevoir le marquage CE en fin d’année. Nous visons également les États-Unis, ainsi que la Chine, où plusieurs facteurs de risque du cancer de la vessie – le tabagisme et l’exposition professionnelle à certains composés chimiques – sont particulièrement répandus. Enfin, il est possible d’envisager un portage de cette technologie aux cancers des poumons, de l’estomac et de la thyroïde.

En quoi la reconnaissance apportée par les Grands Prix de l’Innovation va-t-elle servir le projet de VitaDx ?

A.R. - Le prix nous apporte une visibilité bienvenue auprès des investisseurs, alors que nous préparons notre 3levée de fonds. Il s’agit aussi d’une reconnaissance du travail accompli, et d’un moyen d’attirer à nous des compétences rares dans le domaine de l’IA. Enfin, nous avons enrichi notre réseau dans le cadre de notre candidature aux Grands Prix. Nous avons eu des contacts privilégiés avec plusieurs grands groupes, dont Sanofi qui dispose d’une expertise en matière de mise à disposition de solutions de santé pour les patients. Tous ces échanges ont une valeur inestimable !

Pour approfondir...

La recherche « in silico » permet de modéliser informatiquement les études cliniques
E-Santé

Novadiscovery développe la médecine prédictive « in silico »

« Dé-risquer » grâce aux mathématiques la phase de recherche sur les médicaments pour maximiser les chances d’aboutir rapidement à un traitement, ce n’est pas de la science-fiction, c’est déjà possible !
2018-11-01MMMM YYYY
TheraPanacea utilise l’intelligence artificielle pour optimiser les séances de radiothérapie
E-Santé

Lutte contre le cancer : vers une radiothérapie de grande précision

Quand l’intelligence artificielle complète l’expertise du praticien et apporte efficacité, équité et diminution des effets indésirables dans la lutte contre le cancer.
2018-02-01MMMM YYYY

Ce site utilise des cookies pour mesurer son audience et nous permettre d’améliorer votre expérience utilisateur. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. En savoir plus.

OK