Maintenir les vaccins obligatoires pour les bébés durant le confinement

Maintenir les vaccins obligatoires pour les bébés durant le confinement

Dans un contexte de confinement prolongé, la Haute Autorité de Santé a rappelé dans son avis du 1er avril 20201 l’importance de la primo-vaccination et la nécessité de maintenir l’ensemble des vaccinations obligatoires des nourrissons jusqu’à l’âge de 18 mois. Tout retard pourrait en effet entrainer la résurgence de certaines maladies et avoir des conséquences graves sur leur santé.

Depuis que la pandémie de Covid-19 a gagné la France, de nombreux parents retardent les visites chez le pédiatre par crainte d’exposer leur bébé au virus et de se mettre eux-mêmes en danger. « La fréquentation des services d’urgence en pédiatrie a baissé de 70%, il en va de même pour les consultations des enfants en ville. Face à cette situation préoccupante, la France a été l’un des premiers pays à tirer la sonnette d’alarme. Dès mi-mars, les associations de pédiatres ont contacté la Direction Générale de la Santé pour alerter sur le risque de retard de vaccination des bébés. En effet, s’ils sont protégés durant leurs tout premiers mois par les anticorps transmis lors de la grossesse, ceux-ci ne les protègent pas contre toutes les maladies, et ils les perdent très rapidement. Il est donc indispensable que les vaccins prennent le relai sans retard », explique le Pr Robert Cohen, pédiatre-infectiologue au CHI de Créteil.

En accord avec la commission technique des vaccinations et s’appuyant sur les préconisations de l’Organisation Mondiale de la Santé, la Haute Autorité de Santé a ainsi émis le 1er avril dernier un avis rappelant la nécessité de maintenir toutes les vaccinations obligatoires des nourrissons jusqu’à 18 mois, dans le respect du calendrier vaccinal 2020, malgré l’épidémie de coronavirus actuelle.

Respecter les vaccinations obligatoires

Pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018, 8 vaccinations pédiatriques auparavant recommandées sont devenues obligatoires : vaccination contre la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type B (responsables de méningites et de septicémies), l’hépatite B, les infections à pneumocoque, les infections invasives à méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole. Elles s’ajoutent aux vaccins déjà obligatoires auparavant : diphtérie, tétanos et poliomyélite. Les premières injections puis les rappels sont réalisés à 2, 4, 5,11, 12 et 16-18 mois (voir calendrier de vaccination ci-dessous).

Certaines de ces maladies peuvent en effet entrainer des conséquences très graves. « On observe une recrudescence des épidémies de rougeole ces dernières années, un virus cinq fois plus contagieux que le virus SARS-CoV-2 responsable du Covid-19. Il est donc essentiel de bien respecter la vaccination ROR (rougeole–oreillons-rubéole) à 12 mois, puis le rappel entre 16 et 18 mois. Pour la coqueluche, chaque mois de retard de vaccination augmente le taux d’hospitalisation pour des cas graves de 8 à 10%, la vaccination a donc été avancée à 2 mois », souligne le Pr Robert Cohen.

La pandémie de coronavirus (SARS-CoV-2) pour laquelle le monde entier espère un vaccin, aura peut-être le mérite de rappeler à quel point la vaccination a contribué au fil de l’histoire à endiguer des maladies infectieuses auparavant très meurtrières. Le confinement a temporairement diminué les contacts et donc les risques de contamination des jeunes enfants, mais cette situation ne va pas durer éternellement et les risques vont réapparaître.

Robert Cohen, Pédiatre-infectiologue CHI de Créteil
Robert Cohen, Pédiatre-infectiologue CHI de Créteil

Des cabinets médicaux ultra-sécurisés

Depuis le début de la pandémie, l’organisation des cabinets médicaux a complètement changé et les mesures de précaution y sont désormais maximales. Pour faire vacciner leurs bébés, les parents sont invités à prendre rendez-vous chez le médecin habituel de l’enfant (pédiatre ou médecin généraliste) ou dans un centre de PMI (Protection Maternelle Infantile). Les rendez-vous sont espacés pour éviter que deux familles ne se croisent dans la salle d’attente et les médecins recommandent que l’enfant soit accompagné d’un seul parent, dans la mesure du possible. Les médecins sont équipés de masques chirurgicaux et invitent les parents à en porter également. Les surfaces et les objets sont désinfectés après chaque visite, les cabinets régulièrement aérés… « Dans ces conditions, le risque de contamination par le Covid-19 est extrêmement faible. Il est important de rappeler aussi que ce virus est très peu pathogène chez les enfants et qu’il n’y a aucune interférence connue entre le virus et la vaccination », souligne le Pr Robert Cohen. La vaccination BCG protégeant contre la tuberculose, qui n’est plus obligatoire depuis 2007 en France, doit, elle aussi, être maintenue chez les enfants considérés à risque, dès l’âge de 1 mois. C’est le cas notamment de ceux qui vivent en Ile-de-France, en Guyane ou à Mayotte.

On observe une recrudescence des épidémies de rougeole ces dernières années, un virus cinq fois plus contagieux que le SARS-CoV-2 responsable du Covid-19. Il est donc essentiel de bien respecter la vaccination ROR (rougeole–oreillons-rubéole) à 12 mois, puis le rappel entre 16 et 18 mois. 

Robert Cohen, Pédiatre-infectiologue CHI de Créteil

Mettre à jour tous les vaccins dès la sortie de crise

La Haute Autorité de Santé estime en revanche que « les autres vaccinations recommandées en population générale au-delà de l’âge de 2 ans peuvent être différées jusqu’à la levée des mesures de confinement, à l’exception des situations de cas de maladies contagieuses pour lesquelles une prévention par la vaccination autour des cas ou en post-exposition est indiquée (rougeole, méningite, coqueluche, varicelle, etc.). »

Il faut cependant se préparer à un retour progressif à la vie « déconfinée ». « L’épidémie de coronavirus ne doit pas faire oublier les autres épidémies comme la coqueluche, très contagieuse, qui est souvent transmise par les adultes aux bébés non protégés par la vaccination », insiste le Pr Robert Cohen. Le respect du calendrier vaccinal des enfants et des adultes est donc lui aussi primordial pour protéger l’ensemble de la population.

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