Sanofi en France : le sites de production et de recherche de Marcy

COVID-19 : une contribution scientifique majeure de Sanofi

Dans la lutte contre le virus SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de Covid-19, Sanofi est sur tous les fronts. Les équipes scientifiques explorent deux voies : la piste « traitements » et la piste « vaccins ». Côté traitements, des molécules sont aujourd’hui à l’essai et doivent faire la preuve de leur efficacité. Côté vaccins, Sanofi teste différentes technologies et peut capitaliser sur son expérience acquise lors de l’épidémie de SRAS. En outre, les équipes sont au cœur d’un écosystème de partenariats publics-privés, indispensable dans la course contre la maladie.

Recherche vaccinale : une course collective contre la montre

Le Dr Jean Lang, Vice-Président associé, Recherche et Développement chez Sanofi Pasteur, nous explique comment Sanofi est impliqué dans la mise au point d’un vaccin.

Quelle est la réponse de Sanofi face à cette crise sanitaire ?

Dr Jean Lang - Dans la lutte contre ce nouveau coronavirus (SARS-CoV-2), nous avons la particularité de pouvoir agir sur deux fronts. A court terme sur la recherche d’un traitement (voir plus bas dans l'article) ; et à moyen-long terme, sur la mise au point d’un vaccin, qui constitue la vraie solution préventive. Nos équipes sont ainsi engagées sur les 2 piliers : traitement et prévention.

Comment Sanofi œuvre-t-il pour la recherche d’un vaccin ?

JL – Sanofi a une relation historique avec le BARDA (Biomedical advanced research and development authority), qui relève du ministère de la santé américain et qui finance des projets pour répondre à des crises sanitaires. Le BARDA nous a ainsi sollicités pour la recherche d’un vaccin contre le Covid-19 sachant que nous avions une expertise sur le sujet. La société de biotechnologies Protein Sciences, que nous avons acquise en 2017, a développé un vaccin contre le virus SARS-CoV-1, responsable de l’épidémie de SRAS en 2003. Ce coronavirus est un proche cousin du SARS-CoV-2, à l’origine du Covid-19 qui nous touche aujourd’hui. A l’époque du SRAS, ce vaccin, comme celui développé par Sanofi sur le site de Marcy L’Étoile, n’avait finalement pas été commercialisé, mais tous les travaux préliminaires avaient été effectués, et Sanofi dispose aujourd’hui de cette connaissance, applicable pour le SARS-CoV-2. Notre force, c’est que nous maîtrisons une technologie validée, qui a fait ses preuves. Il nous faut maintenant l’adapter aux particularités du virus SARS-CoV-2. Et nous savons qu’il est possible, avec cette technologie, de produire des centaines de millions de doses.

Dr Jean Lang, Vice-Président associé, Recherche et Développement chez Sanofi Pasteur
Dr Jean Lang, Vice-Président associé, Recherche et Développement chez Sanofi Pasteur 

Sanofi participe-t-il à d’autres projets pour la recherche d’un vaccin ?

JL – Nous souhaitons explorer différentes technologies, car plus nous étudierons d’approches différentes, plus nous aurons de chances de mettre au point un vaccin dans les meilleurs délais. Nous venons de nouer aux Etats-Unis une seconde collaboration avec Translate Bio, dans le but de développer un nouveau vaccin à ARNm contre le virus responsable du Covid-19. Il s’agit d’une technologie différente de celle à base de protéines recombinantes que nous appliquons dans le cadre de notre collaboration avec le BARDA. Nous intervenons aussi dans le cadre de la CEPI (Coalition for epidemic preparedness innovations), un Partenariat Public-Privé global, créé en 2017 sur le constat que le monde était mal préparé à répondre à d'éventuelles épidémies avec des vaccins. Ses financements sont actuellement destinés à des universités ou des petites sociétés de biotechnologies qui ont des technologies d’amont. Pour le SARS-CoV-2, il y a eu un appel à participation et Sanofi est représenté dans deux comités d’évaluation des projets et nous sommes également sollicités pour fournir des conseils sur nos domaines d’expertise.

Dans combien de temps pouvons-nous espérer un vaccin contre le Covid-19 ? 

JL – En général, il faut compter environ 2 à 4 ans entre l’étape initiale de l’antigène viral et la production de la première dose clinique en Phase 1 (début de la première phase d’étude chez l’homme). Dans le cas du SARS-CoV-2, nous bénéficions des expériences acquises avec le SARS-CoV-1, et nous pensons qu’il sera possible de mener un vaccin en Phase 1 d’ici 6 mois à un an. Mais du fait de la complexité de ce nouveau coronavirus, et selon la progression du développement, il est possible que cela prenne plus de temps. Notre objectif reste, au-delà de l’efficacité du vaccin, de garantir sa sécurité d’utilisation sous l’égide des autorités réglementaires et de l’OMS (Rapport Bénéfices/Risques). 

Les délais dépendront aussi des exigences des autorités de santé et de la rapidité avec laquelle le dossier d’enregistrement du vaccin sera étudié. Selon l’évolution de la situation sanitaire ce délai pourra varier. Mais vu l’urgence de la situation, nous estimons que le délai entre le dépôt du dossier du vaccin et son autorisation de mise sur le marché pourrait être réduit à moins de 12 mois par rapport au délai habituel qui est de 18 mois. Malgré tous nos efforts pour aller le plus vite possible, le vaccin devrait donc arriver après l’épidémie. Mais le virus a une telle capacité de déploiement, qu’il ne va pas disparaître si facilement. Nous pourrions assister à des vagues successives voire à une saisonnalité de cette maladie. Si ce dernier scénario se produit, le vaccin sera alors indispensable.

 
Notre force, c’est que nous maîtrisons une technologie validée, qui a fait ses preuves. Il nous faut maintenant l’adapter aux particularités du virus SARS-CoV-2. Et nous savons qu’il est possible, avec cette technologie, de produire des centaines de millions de doses. 

Dr Jean Lang, Vice-Président associé, Recherche et Développement chez Sanofi Pasteur 

Face aux menaces pandémiques, en quoi Sanofi est-il un partenaire de santé publique ?

JL – Sanofi est historiquement très impliqué pour la santé publique, en étant au cœur d’un écosystème avec de nombreux partenariats publics-privés. Avec le BARDA et la CEPI, donc, mais aussi à l’échelon français avec REACTing, un consortium de laboratoires créé par l’Inserm et Aviesan, ou mondial, avec le Glopid-R, une coalition de tous les pays disposant de REACTing. C’est important d'être bien connecté à cet écosystème public afin de pouvoir réagir très vite en cas d’épidémie, comme nous l’avons fait.

En outre, ce qui fait notre unicité, c’est que nous bénéficions d'expertises sur toute la chaîne de valeur du vaccin, depuis l’identification de la maladie, jusqu’à la mise en œuvre de la vaccination, au plus près des patients. 

Être un partenaire de santé publique est au cœur de notre ADN et cet engagement très fort se ressent chez de nombreux collaborateurs de Sanofi et sort même du cadre professionnel. Par exemple, dans ma commune de Mions, où je suis élu, nous venons d’inaugurer un centre d’accueil pour les médecins et infirmières – le CM² pour Centre médical municipal Covid –, qui offre un approvisionnement constant en matériel, un accès à de la documentation et à des dispositifs de téléconsultation et comprend un espace de repos et d’échanges. Une manière concrète de soutenir et de remercier ces professionnels de santé qui sont en première ligne face au Covid-19.

 




Sur le front de la recherche clinique contre le Covid-19

Les équipes de Sanofi sont également mobilisées sur la recherche d'un traitement contre le Covid-19. Le partenariat conclu avec l'AP-HP permettra d’accélérer les essais cliniques. Le Dr Florence Lévy-Weil, Directeur Médical Immunologie, Sanofi Genzyme France, revient sur les défis à relever et les pistes suivies actuellement par les chercheurs.

Quelle est la démarche pour lancer des études cliniques ? 

Dr Florence Lévy-Weil - Dans le cas présent, chaque heure compte. Nous devons faire face à une situation sans précédent. Franchement, c’est une course contre la montre. Il faut aller vite, très vite même, tout en gardant le recul nécessaire dans de telles circonstances. Tous les process pour réaliser une étude sont donc accélérés mais en s’assurant du respect des règles de bonnes pratiques dans l’intérêt des patients. La mise en place d’une étude clinique nécessite un protocole robuste sur le plan scientifique qui s’appuie sur une méthodologie de qualité tout en respectant l’éthique. Cela implique une concertation avec des experts cliniciens, l’avis du comité d’éthique ainsi que l’aval des autorités de santé.

Comment peut-on gagner du temps ?

FLW - Grâce à la réactivité de tous les acteurs, et en premier lieu les professionnels de santé. Ainsi, dans la situation du Covid-19, infectiologues, pneumologues et réanimateurs réfléchissent aux meilleurs protocoles possibles en fonction de la situation de chaque patient, tout en tenant compte des dernières données de la littérature aussi préliminaires soient-elles. D’un autre côté, les autorités de santé et le comité d’éthique ont mis en place de façon exceptionnelle des réunions « extraordinaires » pour avancer très vite. Enfin, du côté de Sanofi, conscients de la nécessité d’alternatives pour les patients, notre objectif est de fournir les médicaments pressentis au plus vite aux centres qui mènent les études cliniques. Toutes les équipes sont mobilisées à tous les niveaux de l’organisation. Nos actions sont accélérées, priorisées et concertées. Je n’ai jamais vu des études cliniques se monter aussi rapidement et avec une telle coordination !

Dr Florence Lévy-Weil, Responsable médicale chez Sanofi Genzyme
Dr Florence Lévy-Weil, Directeur Médical Immunologie, Sanofi Genzyme France

Quelles sont les pistes de traitement aujourd’hui à l’étude ?

FLW - Plusieurs molécules comprenant les antiviraux, dont l’hydroxychloroquine, sont à l’essai. Nous suivons également la piste des inhibiteurs de l’interleukine-6. Une étude préliminaire chinoise a montré leur possible effet bénéfique sur des patients atteints de Covid-19. En effet, lors de la phase aiguë de la maladie, on assiste à un relargage massif de cytokines, protéines de l’inflammation qui sont impliquées dans la survenue de l’atteinte pulmonaire sévère pouvant aller jusqu’à la détresse respiratoire. Parmi ces cytokines, l’interleukine-6 joue un rôle important et est présente en grande quantité dans les poumons. L’idée est de bloquer l’action de cette protéine afin d’éviter et/ou de limiter les dégâts aux poumons. Les études débutent et nous avons un espoir de sauver des patients. Nous sommes mobilisés pour qu’au plus vite nous trouvions un traitement contre le Covid-19.

L’IL-6 : une cytokine essentielle du système immunitaire

L’interleukine-6 (IL-6) est une cytokine présente naturellement dans l’organisme. Elle est produite par de nombreux types cellulaires tels que les monocytes, les lymphocytes B et T ou encore les fibroblastes. 
Dans des conditions physiologiques, l’IL-6 est impliquée dans de nombreuses fonctions, notamment des fonctions pro-inflammatoires vitales. Elle agit sur la régulation du système immunitaire via la production d’anticorps, sur la régulation de différents métabolismes, sur l’hématopoïèse…

Une fois sécrétée, comment agit-elle ?

L’IL-6 agit sur les cellules en se fixant sur un récepteur spécifique, qui peut être de deux types : 

  • Membranaire, c’est-à-dire fixé à la surface de certaines cellules : c’est la voie de co-signalisation,
  • Soluble, c’est-à-dire circulant librement notamment dans le sérum : c’est la voie de trans-signalisation. 

Ces deux mécanismes distincts permettent à l’IL-6 d’interagir avec les cellules qui expriment ou non le récepteur membranaire.
Le complexe IL-6/récepteur ainsi formé, déclenche une cascade de signalisation intracellulaire. Ce processus est à l’origine de l’activation de certains gènes, et in fine de la production de protéines aux propriétés diverses (notamment les protéines de la phase aigüe de l’inflammation).

Une cytokine au cœur de certaines pathologies

Une élévation persistante d’IL-6 est notamment un facteur clé dans les manifestations articulaires et extra-articulaires de la polyarthrite rhumatoïde telles que l’anémie, la fatigue, les maladies cardiovasculaires et l’ostéoporose.

De par son rôle clé dans le processus inflammatoire, la voie de l’IL-6 représenterait également une piste intéressante à explorer dans certaines maladies infectieuses, par son impact potentiel sur les complications liées à une réponse inflammatoire/immunitaire excessive.

IL- 6
Pour mieux comprendre

Mécanisme d'action de l’interleukine-6 et régulation de l’inflammation

VOIR

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Références

  • Naka et al. Arthritis Res. 2002;4:S233-42
  • Dayer JM, Choy E. Rheumatology (Oxford). 2010;49:15-24
  • Choy E. Rheumatology (Oxford). 2012;51:v3-11

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