La Fondation Sanofi Espoir remet un livre blanc au gouvernement pour décloisonner  les vulnérabilités

Un livre blanc pour décloisonner l’approche des vulnérabilités



La fondation Sanofi Espoir et ses partenaires ont publié leur livre blanc États généraux des vulnérabilités. Remis à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, il propose de changer d’approche dans l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité. Quatre propositions concrètes pour une démarche globale.

C’est à l’Institut de France, le 14 février, qu’a eu lieu la remise du livre blanc au gouvernement représenté par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Le témoignage de Philippe, diffusé en préambule, a ému l’assistance. « Si vous n’avez que deux pieds à une chaise, vous tombez. Si vous en avez trois, vous tenez. Sans le soutien des associations qui ont pris soin de moi, je n’aurais jamais pu me loger. Sans ce logement, je n’aurais jamais pu me rendre à des entretiens d’embauche. Sans travail, je continuais de me sentir inutile. Au niveau de ma santé, je ne m’en étais pas occupé depuis des années. Je vais maintenant voir un médecin traitant. Je me sens de nouveau utile à la société », avait-il confié à une caméra.

Être vulnérable, c’est ne pas disposer d’un toit sous lequel s’endormir. Cela peut aussi signifier ne pas avoir de travail, être malade… Bien souvent, l’accompagnement est cantonné à une situation (la santé, le travail ou le logement) alors que tout est lié. C’est le principal constat auquel se sont livrés les 11 acteurs de terrain signataires* du livre blanc États généraux des vulnérabilités.

La fondation Sanofi Espoir et ses partenaires remittent à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, leur livre blanc États généraux des vulnérabilités.

Décloisonner l’accompagnement

Première proposition par Xavier Darcos, président de la fondation Sanofi Espoir : « Il y a urgence à trouver une nouvelle démarche. Nous souhaitons créer les conditions d’un vrai décloisonnement, qui puisse briser les silos sur lesquels se heurtent encore l’approche globale de la personne et de ses vulnérabilités. »

Valérie Faillat, déléguée générale de la fondation Sanofi Espoir, a complété : « La fondation Sanofi Espoir et ses partenaires proposent de travailler à la création d’une plateforme unique au service d’une approche globale de la personne. Cet outil, conçu collectivement, devrait améliorer l’orientation des personnes accompagnées grâce à une meilleure lisibilité des systèmes existants et à un meilleur maillage territorial. » Cette plateforme constitue la seconde proposition de décloisement.

Rémi Tricart, directeur général d’Emmaüs Défi, Christine Laconde, directrice générale du Samusocial de Paris, et Jean-Marc Sauvé, président d’Apprentis d’Auteuil, ont tous remercié la Fondation Sanofi Espoir d’avoir été le catalyseur de cette initiative, qui a impliqué plus de 150 associations, acteurs publics et fondations.

Cette approche décloisonnée nécessite également de se pencher sur l’innovation sociale, la mesure d'impacts et le transfert de ces nouvelles pratiques dans le droit commun. Un sujet sur lequel est intervenu Monsieur Christophe Itier, Haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale, coordinateur de l’accélérateur national de l’innovation sociale.

La fondation Sanofi Espoir et ses partenaires remittent à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, leur livre blanc États généraux des vulnérabilités.

Un Français sur quatre se sent vulnérable

C’est ensuite Agnès Buzyn, qui a pris la parole : « Le ministère des Solidarités et de la Santé est celui de l’attention portée à l’autre, celui des soins et celui du sens. Un Français sur quatre se sent vulnérable**. Les initiatives du livre blanc font écho aux actions que j’ai voulu lancer dès mon arrivée au ministère. Vos travaux ont été guidés par une approche transversale. Cela est loin d’être une idée à la mode, mais une idée très “transformante”. »

La ministre a conclu son discours en mettant l’accent sur les deux dernières propositions : la réalisation de travaux de recherche innovants et de projets pilotes pour développer une approche globale de la personne, et la volonté de généraliser des bonnes pratiques en innovation sociale et de leur transfert dans le droit commun.


Références

* Agir pour le développement de femmes (ADSF), Les Apprentis d’Auteuil, Aux captifs la libération, le Centre d’action sociale protestant (CASP), la Croix-Rouge française, Emmaüs Défi, Gynécologie sans frontière (GSF), Intermed, La Maison des femmes de Saint-Denis, le Samusocial de Paris et Solipam.

** Sondage fondation Sanofi Espoir / Institut CSA, mai 2018.