Dermatite atopique modérée à sévère : un lourd fardeau

Maladie inflammatoire chronique de la peau, la dermatite atopique est une forme d’eczéma qui concerne environ 4% de la population adulte en France, c’est la seconde maladie de peau la plus fréquente juste après l‘acné et devant le psoriasis. Cette maladie se caractérise par une anomalie de la réponse immunitaire et une déficience de la barrière cutanée. Dans ses formes modérées à sévères, elle provoque une sécheresse cutanée constante, des rougeurs, des démangeaisons persistantes intenses et souvent, des lésions cutanées importantes.

Ces symptômes affectent lourdement la qualité de vie des patients et pour une partie d’entre eux, la réponse aux traitements actuels est insatisfaisante et ne permet pas de contrôler la maladie.

Une maladie qui isole et fait souffrir

La dermatite atopique peut débuter dans la petite enfance et s’atténuer avant l’adolescence. Cependant, elle persiste à l’âge adulte dans environ un cas sur dix et se déclare chez près de 20% des patients après l’âge de 20 ans.

Les lésions peuvent toucher toutes les parties du corps et du visage. Près de 9 patients adultes sur 10 connaissent des démangeaisons quotidiennes (dont 63% plus de 12 heures par jour) qui les poussent à se gratter de manière intense, ce qui contribue à altérer la barrière cutanée et aggrave davantage les lésions, jusqu’à provoquer des saignements et des surinfections. C’est la boucle infernale « prurit-grattage-lésions ».

Évoluant par poussées (en moyenne 15 par an pour les formes les plus sévères), la dermatite atopique laisse parfois des périodes de répit de plusieurs années. Elle se caractérise par un mécanisme complexe et d’origine multifactorielle (facteurs immunologiques, génétiques, environnementaux).

Ceux qui souffrent de formes modérées à sévères ont souvent d’autres maladies atopiques : asthme, rhinite allergique, conjonctivites. C’est donc un fardeau physique très lourd, doublé d’un fardeau psychologique et social. En effet, 55% des patients ont un sommeil perturbé plus de 5 nuits par semaine et près d’une personne sur deux présente des symptômes d’anxiété et de dépression, avec un recours fréquent aux anxiolytiques pour 42%.

La maladie a des répercussions sur l’estime de soi et l’image corporelle, elle entraîne un isolement (volontaire et subi) et affecte tous les aspects de la vie : études, travail, relations familiales, amicales et amoureuses, sexualité…

Vers une meilleure prise en charge des patients

L’objectif de la prise en charge est de contrôler cette maladie afin de diminuer les démangeaisons, les lésions cutanées et d’améliorer la qualité de vie des patients.

Les traitements proposés sont d’abord locaux, puis systémiques (voie orale ou injectable) pour les formes modérées à sévères. Mais, selon les professionnels de santé, près d’1 patient sur 2 n’obtient pas de réponse satisfaisante à son traitement, dont la durée d’utilisation doit être limitée. Désemparés, de nombreux patients ne savent plus vers qui s’adresser et se trouvent alors en errance thérapeutique. Il faut parfois plusieurs années avant que ces patients soient bien orientés et diagnostiqués.

Il est donc important pour les patients de parler de leur dermatite atopique, modérée ou sévère, à un dermatologue afin d’envisager une prise en charge adaptée qui leur permettra de bénéficier de solutions thérapeutiques appropriées et d’être libérés du cercle vicieux dans lequel leur maladie les emprisonne.

Références

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